TL;DR

Pour les pressé.e.s, voici un résumé de l’article en quelques lignes, pour ceux et celles qui ne veulent pas être spoilé.e et préfère la version longue, passez directement au chapitre suivant:

J’ai lancé la semaine dernière un site de curation de liens “The whale” afin d’aider les développeu.r.se.s web à faire leur veille technologique. En partageant publiquement ma propre veille, je la valorise en construisant une communauté ciblée qui va me permettre d’avoir une meilleure visibilité sur le web pour mes autres projets personnels. Ce fut également l’occasion de tester des outils web tels que le CMS Kirby et le framework Tailwind CCS. Rien de tel qu’un side project pour apprendre par la pratique.

Ce projet à un cout et pour le financer, je compte vendre des liens et annonces à des sociétés du web qui veulent présenter leur produit ou recruter un développeu.r.se. Mais attendons d’abord de voir si The whale rencontrera un public en nombre suffisant.

Je compte faire évoluer le MVP actuellement en ligne en y ajoutant un moteur de recherche, un flux RSS, un formulaire de suggestion de liens, une mise à jour automatique du nombre de followers et des abonné.e.s et un espace pour acheter des liens sponsorisés.

Je n’aurai pas construit ce site sans avoir lu l’interview de Sacha Grief sur Indie Hackers, je le remercie donc chaleureusement pour sa transparence et son partage. Je remercie également mes premiers followers/abonné.e.s.

Fin du résumé !

The whale, la baleine du web

Mardi 04 septembre 2018, je lançais le site web “The whale” (La baleine), un “side project” entamé en août et destiné à la communauté des développeu.r.se.s du web. Cet article a pour objectif d’expliquer ce qu’est exactement “The whale” et pourquoi je l’ai créé.

What and why ?

“The whale” est ce qu’on appelle en anglais un site de “curation” de contenu. J’y publie une fois par semaine une liste de liens (articles, outils, services, ressources, formations, annonces d’emplois, missions freelance, événements web-tech.) en rapport avec le développeu.r.se.s web “front” et “back”.

Je réalise cette sélection à partir de différentes sources et différents supports : sites web, réseaux sociaux et podcasts essentiellement. Je diffuse cette sélection en ligne sur un site web, via une newsletter et sur des comptes dédiés Twitter et Mastodon.

Wikipédia définit la curation de la façon suivante ”… une pratique qui consiste à sélectionner, éditer et partager les contenus les plus pertinents du Web pour une requête ou un sujet donné. La curation est utilisée et revendiquée par des sites qui souhaitent offrir une plus grande visibilité et une meilleure lisibilité à des contenus (textes, documents, images, vidéos, sons…) qu’ils jugent utiles aux internautes et dont le partage peut les aider ou les intéresser.”

Cette activité s’est popularisée avec des services comme scoop.it et paper.li dans les années 2010. Elle a aussi engendré des polémiques, ses détracteurs n’hésitant pas à qualifier la curation “… d’activité de merde”. Pour la faire courte, les opposants à la curation considéraient cette activité comme du vol de contenu méprisant le droit d’auteur et n’apportant aucune valeur ajoutée. Ce débat m’a interpelé, ne souhaitant pas me lancer dans un projet à l’éthique douteuse. J’ai donc approfondi le sujet et j’ai découvert que comme toute activité, elle pouvait être ou non éthique selon la façon dont on l’abordait.

Des bonnes pratiques de la curation ont fait leur apparition sur le web: citer l’auteur si l’article est signé, faire un lien direct vers la ressource et non incorporer le contenu dans son propre site via des iframes, ne pas réutiliser des images dont la licence ne le permet pas etc, bref des pratiques de bon sens qui permettent de ne léser personne.

En ce qui concerne la valeur ajoutée de la “curation”, il me semble après réflexion qu’elle existe belle et bien comme la laisse entendre la définition de Wikipédia. Si je prends ma cible: les développeu.r.se.s web qui travaillent dans un environnement où les évolutions technologiques sont constantes, la nécessité de faire de la veille technologique est vitale. Extraire des ressources pertinantes du web est chronophage car le web est immense et l’infobésité n’est pas prêt de disparaitre. En déléguant cette recherche à des sites comme “The whale” qui scrutent le web, extraient les ressources et les diffusent sur différents canaux de manière claire et ordonnée, n’apportons-nous pas une valeur ajoutée à notre auditoire ? Si j’en juge les quelques 373 750 (09.09.18) followers de La ferme du web ou les 29 084 (09.09.18) followers de sidebar.io, je crois que j’ai un début de réponse. La valeur ajoutée se situe aussi du côté des auteurs qui voient leur création exposée à une communauté ciblée et intéressée.

Pourquoi j'ai créé ce projet ?

Raison 1 : Partager le travail que je fais déjà pour moi-même

Je travaille dans l’industrie du web depuis le début des années 90 et vue la vitesse à laquelle les choses évoluent dans ce secteur, j’ai vite compris qu’il faudrait que je soigne ma veille technologique et que je me forme en continu. Ce travail du curation, je le fais déjà depuis de nombreuses années en remplissant mes catégories de bookmarks jour après jour. Je me suis donc dis, si c’est utile pour moi, développeu.r.se.s web, ça le sera pour les autres développeu.r.se.s. Ce n’est pas la révélation du siècle et pourtant, jusqu’ici, je n’avais jamais envisagé de partager ma veille.

Raison 2 : Utiliser ce projet pour tester de nouveaux outils

Le site “The whale” dans sa version MVP (Minimum Viable Product) n’est pas un site très compliqué à construire. Ses fonctionnalités de base sont une catégorisation et un filtrage des informations, une plannification des publications et quelques formulaires. C’est donc le projet parfait pour tester de nouveaux frameworks et CMS. Depuis un an et demi, je suis de près l’évolution du CMS Kirby. Une version majeure est actuellement en développement que je soutiens financièrement en tant que membre du programme Kirby-next. J’ai donc accès au code source de la beta pour la tester et me former aux nouveautés. The whale a été le terrain de jeux idéal pour cet usage. J’en ai également profité pour tester le framework Tailwind CSS. J’envisageais d’expérimenter l’architecture SPA en utilisant le mode “headless” de Kirby et générer mon JavaScript à l’aide du langage fonctionnel Elm. Mais la courbe d’apprentissage s’est avérée trop importante or je voulais lancer ce site rapidement. Je ne renonce pas à me mettre à l’architecture SPA à l’aide de Kirby et Elm, mais ça sera pour un autre projet.

Raison 3 : Créer une communauté et donner de la visibilité à mes projets

Après le salariat et le freelancing, j’essaye depuis quelques années de me lancer dans l’entrepreneuriat. Je m’intéresse plutôt au modèle “bootstrapping” qu’au modèle “startup”. Le modèle “bootstrapping” consiste à développer un produit/service sur ses propres fonds et de viser un dévelopement sur le long terme pour aboutir à une autonomie financière. Le model “bootstrapping” se projette davantage sur la création et la pérennisation d’un style de vie (autonomie, indépendance financière, gestion de son temps …) que sur une croissance à tout prix et le rachat à court terme dans le but d’optimiser le profit. Bien sûr, le modèle “bootstrapping” n’interdit pas la revente de son produit/service pour passer à autre chose, mais disons que ce n’est pas son objectif premier.

Que ce soit en mode “bootstrapping” ou “startup”, l’entrepreneuriat ne peut se passer de l’aspect marketing. Communiquer, se rendre visible reste le nerd de la guerre. J’ai donc aussi créé “The whale” pour donner plus de visibilité à mes activités présentes et futures.

Le futur de The whale ?

Ça peut paraitre un peu prématuré, après une semaine de lancement, de parler du futur de The whale. Cependant, on ne va pas se le cacher, un projet tel que celui-ci, aussi modeste soit-il, a tout de même un coût financier. Je paye sur mes propres fonds le serveur, le nom de domaine et le service de backup. Je paye également ce projet en temps passé : administration système, maintenance, évolutions fonctionnelles, curation des contenus et mise en ligne, communication … et pour un indépendant, travailler sans facturer peut aboutir à des situations critiques.

Je ne souhaite pas rendre ce service payant pour la communauté. En revanche, pourquoi pas dans quelque temps publier un lien sponsorisé par semaine pour des sociétés du web qui souhaiteraient présenter leur produit ou service ? Pourquoi pas permettre à des sociétés du web d’acheter une annonce d’emploi ou de mission freeelance et aux organisateurs de conférence de promouvoir leur évènement web sur The whale ? Ce modèle économique permettrait de financer le projet et d’assurer ainsi sa viabilité dans le temps sans pénaliser mon activité indépendante et entrepreneuriale.

Nous n’en sommes pas encore là, mais il me semble important d’y penser dès maintenant et d’être transparent sur le coût et les contraintes d’un tel projet.

En ce qui concerne de possibles évolutions, j’envisage d’ajouter les fonctionnalités suivantes dans les prochains mois :

Remerciements, comme aux césars

Enfin, je terminerai cet article en remerciant Sacha Grief, développeur et designer web, pour avoir partagé son expérience de curation de lien sur sidebar.io dans son interview pour Indie Hackers. Il y présente son parcours d’entrepreneur. C’est en lisant son interview que j’ai trouvé la motivation de construire le site The whale.

Je remercie également les 51 followers Twitter, les 18 followers Mastodon et les 45 inscrit.e.s à la newsletter pour leur intérêt et leur confiance. (Chiffres au 09 09 2018).

Vos questions et remarques sont bien sûr toujours appréciées. Vous trouverez mon adresse mail sur la page A propos de ce blog.

À bientôt.